Borobudur : un lieu incontournable à visiter en Indonésie

 

Si vous allez à Java, vous ne pourrez pas ne pas visiter l’ensemble bouddhique de Borobudur, le plus grand d’Asie du sud est .

 

Borobudur est situé près du volcan Merapi dans la plaine du Kedu surnommée le jardin de Java. Il est à 40 km de Jogjakarta. Le temple a été construit en alignement avec deux autres petits temples Candi Pawon et Mendut.

Mendut

 

C’est là, que chaque année, à la pleine lune se déroule  le pèlerinage appelé Waisak commémorant la naissance, la mort et l’éveil de Siddharta Gautama (bouddha historique) qui atteint la plus haute sagesse pour devenir Bouddha Shakyamuni. Cette année, la date de Waisak sera le 11 mai 2017.

Borobudur, est non seulement un sanctuaire dédié à Bouddha mais aussi un lieu de pélerinage pour tout bouddhiste qui a la chance d’aller à Java.

En fait,plutôt qu’un temple, c’est un mandala géant, un support de méditation bouddhiste, de plan carré sur lequel s’inscrit un cercle. Il représente la cosmologie bouddhiste appelée le Grand véhicule (Mahayana), la terre par la forme carrée et le ciel par la forme circulaire.

 

Construction de Borobudur, mandala géant 

C’est entre 760 et 830, que la construction de Borobudur a commencé, sous la dynastie des Sailendra.

La colline naturelle sur laquelle est construite Borobudur en andésite (roche volcanique), a été agrandie artificiellement.

Le mandala géant fut construit avec plus d’un million de blocs de pierre laborieusement apportés sur la colline, puis taillés et sculptés par de grands artistes.

Borobudur est divisé en 5 terrasses. Sur ces terrasses on trouve 2670 bas-reliefs, 1460 sont narratifs et 1212 sont décoratifs. La surface totale des bas-reliefs est de 2500 m2.

 

Le pèlerin doit parcourir 5 km afin de les lire tous.

La première terrasse appelée le Kamadhatu, le monde des désirs, est cachée, et fût découverte en 1885. Une partie seulement est visible sur le coté sud-est. Ces panneaux illustrent le monde des désirs, des rétributions et les turpitudes de la vie terrestre. On ignore encore pourquoi la base a été recouverte.

En accédant au premier étage par l’escalier situé à l’est, comme le pèlerin, on tourne à gauche, et on découvre de chaque coté 2 séries de reliefs, on est au Rupadhatu, le monde des formes.

Sur le coté droit, partie haute, les reliefs représentent la vie de Bouddha appelée lalitavistara. La lecture des panneaux se fait de droite à gauche en circulant dans les sens des aiguilles d’une montre. Les reliefs de la partie basse ainsi que sur les garde-corps racontent les vies antérieures de Bouddha. 

Le pèlerin s’achemine graduellement jusqu’à la cinquième terrasse, en marchant le long de toutes ces terrasses, les murs des garde-corps sont hauts, créant ainsi un sentiment d’isolement dans ce parcours.

Sur chaque face du temple, nous trouvons des bouddhas, au nombre de 432. En fonction de l’orientation, les différentes positions des mains des bouddhas (mudra) illustrent les enseignements de la vie de Bouddha ; ils ont une valeur mystique et servent de rituels.

Coté est : Bhumisparsa Mudra : geste de prise de la terre à témoin.

prendre la terre à témoin (côté est)

Coté sud : Varada Mudra : geste de don.

geste de don (côté sud)

Coté ouest : Dhyana mudra : geste de méditation.

méditation (côté ouest)

Coté nord : Abhaya mudra : geste d’absence de crainte.

geste d’absence de crainte (coté nord)

Enfin, l’arrivée aux terrasses circulaires symbolise le monde sans forme l’Arupdhatu. On y trouve des stupas, forme de cloche avec à l’intérieur des statues de bouddha.

 

Puis l’ultime stupa, point ultime du cheminement, mesure 11 m de haut. Lors de la restauration en 1907, le stupa a été trouvé vide et éventré, y  avait-il quelque chose à l’intérieur ? Encore un mystère de Borobudur.

Ultime stupa Photo: Gunkarta/Foter

La symbolique des nombres 

La cohérence de Borobudur apparaît dans son ordonnancement (différents niveaux, différents mondes) mais l’un des aspects les plus fascinants se trouve dans la correspondance des chiffres.

8 est le chiffre sacré, il symbolise l’éternité :

 -5 plates-formes carrées et 3 circulaires 8 au total.

-108 bouddhas par face

– les terrasses rondes contiennent 32, 24, 16 stupas multiple de 8.

– lorsqu’on accède au pied de la grande stupa en suivant le chemin des pèlerins, on est passé devant 504 bouddhas et lorsqu’on redescend aussi, ce qui fait qu’on est passé devant 1008 bouddhas. Le pélerin lui aura en plus récité 2 fois les mantras (prières) à l’aide de son rosaire qui contient 54 perles, (soit 108)…

La redécouverte de Borobudur 

Borobudur est resté endormi et protégé sous une importante végétation et des cendres volcaniques jusqu’en 1814 lorsque Thomas Stamford Raffles alors gouverneur de Java (1811-1816) le découvre et le met à jour. 200 hommes seront nécessaires pendant 2 mois afin de nettoyer le temple de la végétation et d’y avoir accès. Borobudur n’a en fait jamais été oublié, la population locale connaissait le temple, de nombreuses histoires et légendes l’entouraient…

La première restauration de Borobudur a eu lieu entre 1907 et 1911 sous l’égide du gouvernement hollandais. Une deuxième grande restauration eut lieu de 1975 à 1982 sous l’égide du gouvernement indonésien et de l’UNESCO. En 1991, Borobudur fut déclaré patrimoine mondial par l’UNESCO.

Borobudur nous plonge dans un univers spirituel comme par magie. C’est sans aucun doute la 8ème merveille du monde…

Borobudur se découvre et se redécouvre…

 

Borobudur photo : Geckoo.org

extrait de l’article de Colette Felenbok, Brigitte Crosnier-Bernard, Valérie Pivon pour l’Indonesian Heritage Society (www.lepetitjournal.com/jakarta)mardi 17 janvier 2017