Les Danis

Voyage en papouasie que j’ai entièrement organisé pour 6 françaises un mois de mars. En 2 parties : Danis et Korowais

Partie 1 : les Danis

5 jours d’un voyage en papouasie à la rencontre de la tribu Dani, depuis Jakarta. Nous avons pris 2 vols et arrivons a Wamena le matin. C’est une découverte pour toutes car nous allons sur cette ile mythique pour la première fois

  • jour 1 : découverte soft : Alentours de Wamena

Wamena, installation dans la petite ville 

 

Arrivée à Wamena vers 8h. Check in à l’hotel Baliem Pilamo, style indo avec jardin patio.Chambres simples mais propres.

Après une pause café, nous allons découvrir la ville. Il fait super beau, pas trop chaud, on est en altitude (1800m). Au marché local on voit quelques papous avec des plumes et des étuis péniens (kotéka).

 

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Arrêt près d’une école maternelle chrétienne avec beaucoup de petits javanais et peu de papous (c’est la transmigration).
Nous rentrons en becak en faisant un petit tour. La petite ville est dans une vallée magnifique. Nous partons déjeuner près de l’hôtel. Spécialités : les écrevisses de la rivière Baliem et le jus de tomate arbouse. Tout est délicieux.

 

Plus loin dans les villages

 
L’après midi, nous partons dans le nord de la vallée à Sumpaima, le village du clan Mabel pour voir la momie du fondateur du village, conservée par les habitants.
L’endroit est assez agréable, les danis sympathiques mais très business (pas de photo si on ne paye pas, etc …). C’est de bonne guerre mais un peu pénible pour les amatrices de portraits…Après une demi heure nous allons à pied vers un autre village : Anemaugi. Les habitants –surtout les enfants- paraissent être en plus mauvaise santé : gros bidons, cheveux jaunes, maladies de peaux diverses, nez qui coulent en permanence… Ils sont très gentils et nous leur achetons des babioles. Un gamin a des plaies purulentes sur les fesses. Sandrine lui donne la bétadine qu’elle a sur elle et Nicky explique à son père comment nettoyer la plaie.
 
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Tradition en perte : sectionnement des phalanges à chaque mort 

 
Les femmes d’âge mur (bien mûr même) ont des phalanges en moins.
C’est une tradition qui veut que quand quelqu’un qu’elles apprécient beaucoup décède, elles se coupent une phalange (rien que d’y penser, ça fait très mal !!!) et elles se soignent le moignon avec des pansement et onguents traditionnels. Les hommes aussi pratiquent ça mais on n’en a pas vu. Ceci dit, cette tradition (barbare, il faut bien le dire) ne se fait plus vraiment car les jeunes issus de ces villages proches de la ville accèdent maintenant à l’école, ils apprennent à écrire et ne veulent plus se mutiler les mains.
 

Le marché de Wamena et premiere nuit en papouasie

 
Nous rentrons sur Wamena pour voir le marché avant 18h.
Il y a de gros fruits rouges ressemblant un peu à des fruits à pain rouges et allongés. Ce sont des fruits de Pandanus.
Il y a aussi des possum sur les étals des bouchers…
Corinne s’achète un chapeau en poils de possum et plumes d’oiseau du paradis. Très joli. Beau choix d’artisanat papou.
Nous rentrons préparer nos sacs pour le trek de demain. Nous laissons les affaires dont nous n’auront pas besoin et les remplaçons par des cadeaux divers pour les enfants de villages danis.
C’est l’heure de l’apéro. Virginie a amené une sorte de rhum. Avec des glaçons, ça passe très bien. Crackers, saucisson et tomme de chèvre…C’est Byzance !!!
Dîner à l’hotel. Questions et angoisse fusent et Nicky rassure tout le monde…sauf que… demain, le trek ne va pas durer 4h comme prévu initialement, mais 7 h car un pont s’est cassé et il nous faudra faire un détour.
 

Première impression après cette journée

Les papous sont plutôt accueillants mais un peu harcelants. Les indonésiens non papous sont pour beaucoup des flics et des militaires. La papouasie à l’air très fliquée et pas par les papous !!!
 
  • Jour 2 : Treck Wamena-Hitugi et arrivée au pays Dani 

 
Départ à 8h en voiture pour le trek. Une demi heure de route, puis, on s’arrête. Nicky nous attribue à chacune un porteur. Pour moi, ce sera Jurius.
Nous entamons notre marche sur une route rocailleuse et, nous traversons le lit d’une rivière en grande partie asséchée. C’est très meuble en dessous de la croûte sèche. Je m’enfonce le pied, Julius – en tongue – s’enfonce jusqu’au mollet !!! Il parait que selon l’endroit, on peut s’enfoncer jusqu’à mi-cuisse.
Au bout de deux heures de marche tranquille sur la route, nous arrivons au poste de police où Nicky doit nous « déclarer ». Il y a un petit marché. Comme d’hab’, nous avons des difficultés pour prendre des photos, les gens veulent des sous.
Nous passons devant un poste de militaires plutôt agressifs. L’un d’entre eux arme même sa mitraillette quand Virginie lui dit bonjour. Après palabres, ils nous laissent passer et nous rejoignons Nicky. Ça grimpe assez raide pendant une bonne heure. On s’arrête souvent, puis, ça descend et ça grimpe pendant les trois heures qui restent. Le paysage est magnifique. On se pose des feuilles d’arbre rafraîchissantes sur le front et les joues.
A la fin de la journée, je suis fatiguée, j’ai l’impression que je ne peux plus grimper.
 
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Hitugi, douche glacée et histoires de papous

 

Nous arrivons à Hitugi vers 5h et nous installons dans la case en bois du chef. C’est l’heure de la messe et nous écoutons les gens chanter après avoir enlevé nos grosses pompes. Ensuite, douche. Froid, très froid et folklo. Nous sommes 3 et pendant que 2 tiennent un paréo la troisième se lave vite fait à l’eau glacée. C’est tonifiant.
Nous dînons dans le pilamo (case ronde) de réunion en discutant avec Nicky de la culture Dani. Il nous raconte que ce pilamo sert à des réunions pour régler les problèmes entre les villages alentours : Femmes qui se font enlever par un homme d’un autre village a palabres pour décider du montant (en général un nombre de cochons) de ce que l’amant doit payer au mari éploré. Nous évoquons aussi le sida qui fait des ravages dans les villes de Papouasie.
J’ai mal aux cuisses. Je me couche à 9h sans même me laver les dents
 
  • Jour 3 : Hitugi-Kilise

 

Treck 8h, grosse fatigue

 

Nous partons pour Kilise, où l’on dormira cette nuit. Que de la descente bien raide pendant 3 bonnes heures, rude pour les pieds et les genoux, mais je préfère à la montée.
 
Nous passons 2 ponts suspendus au dessus de la rivière Baliem puis on se baigne une petite demi heure.  L’eau est glacée mais c’est bon de se reposer un peu.
Il est 12h30 quand nous repartons, et cette fois ça montre très dur pendant une heure. Ras le bol. Heureusement que le paysage est vraiment sublime. Nous déjeunons vers 2h, à flanc de montagne. Et c’est reparti pour 3h de grimpette. J’ai l’impression d’être une petite vieille qui ne peut plus marcher. Enfin, le village  de Kilise vers 5h.
 

Séquence émotion : crémation d’un enfant

 

Il y a une cérémonie de crémation dans 5 minutes. Le guide nous propose d’y assister. J’émets quelques réserves mais je me range à l’avis du groupe et nous y allons. C’est triste, je me demande ce que je fous là ; à un moment, j’arrête de filmer, et j’essaye de penser à l’âme du bébé entouré des prières des siens pour relativiser la tristesse de la cérémonie. Sandrine pleure et les autres n’en sont pas loin. Ça jette un froid pendant une bonne demi heure après. On fait un feu en attendant de dîner. Il est 18h45, on a l’impression qu’il est 22h !!!
 
  • Jour 4 : Kilise, repas traditionnel et retour vers Wamena

 

Four traditionnel et nourriture cuite à l’etouffée par les pierres chaudes

 

Ce matin nous restons à Kilise et les villageois nous préparent un repas traditionnel. La préparation du repas est fort sympathique. D’abord, ils préparent un grand feu sur lequel ils font chauffer des pierres pendant 2h, puis, après avoir disposé des feuilles en cercle autour et dans un creux,
ils transportent les pierres chaudes du feu vers le « four », rajoutent une couche de feuillage puis une couche de pierres, puis des patates douces, du tarot, du chou, du fruit rouge, des feuilles variées, tout ça entre plusieurs couches de pierres jusqu’à arriver à un tas d’environ un mètre de hauteur, fumant. Ils attachent le tout avec des lianes.
 
Ca y est, on ouvre le four. Ça donne des légumes cuits et de la sauce rouge vermillon faite en pressant le fruit rouge de Pandanus. Les patates douces sont très bonnes. Le tarot et la sauce rouge n’ont pas tellement de goût.
 
Papoua 264 Papoua 068 Papoua 308
Il est 14h, nous repartons vers Wamena. 2h de marche tranquille par rapport à la veille. Nous arrivons aux voitures juste quand il commence à pleuvoir. Quelle chanceuses!!
 
 
 

Arrivées à l’hotel, nous payons les porteurs et allons faire des achats pour partir demain chez les korowais.

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