Korowais

Voyage en papouasie que j’ai entièrement organisé pour 6 françaises un mois de mars. En 2 parties : Danis et Korowais

Partie 2 : Les Korowais

5 jours d’un voyage en papouasie à la rencontre du clan Dambol, de la tribu Korowais, depuis Wamena. Les korowais voient peu de touristes car la région est difficile d’accès et les conditions sur place plutot inconfortables, mais quelle rencontre avec ces femmes et hommes de la foret qui vivent à des lustres de nos cultures! Quelle superbe voyage auprès d’eux et dans leur environnement quotidien, dans leur maison perchées à 40m dans les arbres! Quelle aventure inoubliable et quelles  belles rencontres!

  • Jour 1 : Wamena-Yaniruma-Clan Dambol , pays Korowaï

 

Nous partons vers 8h pour l’aérodrome de Wamena. Nous attendons le vol pendant presque 2h en buvant café ou thé au bar de l’aéroport.

Cannibales les korowais?

Nicky notre guide nous donne des détails croustillants : Les korowais sont cannibales et ne mangent que les hommes. Quand la tribu A croit qu’un homme d’une tribu voisine (on l’appelle tribu B) a jeté un mauvais sort à quelqu’un – par exemple en cas de mort d’un korowai (tribu A) pas trop vieux –, elle demande à la tribu B de lui livrer l’homme qui est supposé avoir cette mauvaise influence (désigné par la tribu A). Bien sûr, la tribu B protège ses membres et refuse.
S’en suit une guerre de clans pendant laquelle le clan A kidnappe, tue et hache menu une femme et parfois même un des enfants du désigné sorcier comme avertissement afin que la tribu B livre « le sorcier ». Celui-ci sera finalement mangé par la tribu A, de façon à empêcher son âme de « polluer » d’autres âmes.
Il nous distille aussi quelques autres histoires à faire peur !!! Serait ce parce qu’on est de « pauvres femmes sans défense » ? J’ai tendance à le croire…

En route pour rencontrer le clan Dambol

Le petit avion arrive. Il fait très beau, c’est un Twin Otter de 14 places. Nous sommes serrés. Le vol se déroule parfaitement. 45 minutes après nous atterrissons en douceur sur la piste de Yaniruma.Il y a beaucoup de korowais et kombais, ils ressemblent à des yéménites ou des éthiopiens,pas du tout aux danis qui eux ont les traits plus mélanésiens. Nicky discute beaucoup avec les porteurs pour décider qui fera quoi. Lefam et Fenilum qui parlent bahasa seront les aides de Nicky et traduiront. Freddy qui est venu avec nous aidera Nicky et Otis.Après un déjeuner frugal, nous partons en pirogue. Une demi heure sur la rivière Sokum et nous débouchons sur la grande Dairam.

Nous accostons dans la boue. Corinne s’ouvre la chaussure dès le début. Il fait chaud et humide et nous sommes obligés de regarder nos pieds. 2h de marche dans la forêt humide et on arrive, en nage dans le clan Dambol. C’est superbe, il y a des maisons hautes et ils nous ont construit une maison temporaire, une salle de bain et des toilettes et tout un chemin sur des troncs. Nous nous lavons dans la rivière, on dirait un bain japonais. C’est super, nous dormons toutes ensemble sous les moustiquaires dans la maison temporaire.

 

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  • Jour 2 : Chez les Korowaïs du clan Dambol 

Aujourd’hui, journée cool, mais on se réveille quand même vers 6h, sauf Sandrine qui se lève dès 5h30. Elle a la phobie des insectes donc elle ne dort pas hyper bien. Ce matin, nous regardons les gens vivre, nous en soignons quelques uns avec ce que l’on a, nous leur faisons goûter à nos fruits secs, nous assistons à la consolidation de l’échelle pour monter dans la maison haute.

 

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Les larves à sago

Après le déjeuner, nous partons en forêt voir la récolte des larves à sagoutier. Une heure de balade en suivant les femmes qui élaguent au coupe coupe. Nous atteignons une sorte de clairière avec des branches de sagoutiers par terre et un gros tronc coupé.
Les femmes s’activent avec des haches pour ouvrir le tronc et trouver le trésor : les larves – 4cm de long, 1,5 de large, blanche, avec une tête en chitine marron – Le tronc a été coupé 2 à 3 mois auparavant pour que les larves aient le temps de s’y développer. Il y a une odeur de fermentation très forte et plein de larves. Irène se lance la première pour y goûter. Pas mauvais, du coup Virginie et moi nous lançons aussi.

 

En effet, la larve a la consistance et le goût d’un coquillage cru. Ça plait bien aux korowais et aux autres papous qui se régalent.
La récolte est bonne et nous passons encore 1 heure pour tout prendre. Les bébés pleurent, ils ont chaud. Corinne distribue des lingettes pour les rafraîchir. C’est effectif et les enfants sèchent leurs larmes.


Nous retournons au camp. Là, les femmes nous montrent comment elles fabriquent avec le sagoutier des jupes en feuilles, des médicaments traditionnels contre les maux de gorge en feuilles tressées puis grillées, des filtres en tapant l’écorce.
Elles nous montrent aussi comment elles font des nasses en bambou et préparent les larves dans des petits paquets avec du sago pour les cuire.
Nous offrons des cigarettes alentour. Il y a 2 frères korowais très beaux, certainement d’un autre clan qui ont des os de chauve- souris dans le nez, comme des cornes de scarabée.

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Maison-haute perchée à 40m dans les arbres

Il est déjà 4h, la lumière est belle, nous demandons à Nicky de pouvoir monter dans la maison haute. Sandrine et Virginie y vont en premier, pieds nus. C’est impressionnant de hauteur. Je ne sais pas si je pourrai le faire. Elles redescendent ravies. J’y vais avec Marguerite.

 

 

La montée de 40 m est difficile, ça fait mal aux pieds car les rondins ne sont pas plats. De là haut on a une vue d’enfer sur la canopée. Je filme et nous redescendons.
Après, j’ai mal aux plats des pieds et aux mains, pendant plusieurs jours.

 

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Au diner, larves a sago cuites (beurk). Dans la nuit, il pleut des cordes.

 

  • Jour 3 : Pays korowaï-Yaniruma

 

On se lève à 7h en pensant à la marche dans la boue que l’on va se taper tout à l’heure. Corinne a oublié ses pompes dehors…J’essaye les toilettes. Impossible, avec la pluie, ça déborde de partout. Appetissant dès le petit déjeuner !!!

 

 

 

Fabrication du sago, nourriture de base des korowais

Nous nous mettons en route pour voir la fabrication du sago. Il y a plein d’eau partout, un vrai parcours du combattant.
Nous marchons 1h et les hommes coupent un sagoutier ainsi q’un palmier et en extraient le cœur dont tout le monde se régale. Les femmes réduisent l’intérieur du tronc en petits copeaux en martelant avec des marteaux en bambous fabriqués sur place. Ensuite, elles passent les copeaux à travers un filtre bricolé pour obtenir une pâte amidonnée très douce (je suis sûre qu’on pourrait en faire un produit cosmétique) mais sans beaucoup de goût.

 

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Retour au camp pour un dernier déjeuner 

Je me suis déchaussée pour passer dans l’eau et j’ai les pieds dans l’humus. J’espère qu’il n’y a pas de vers macaques. Nous repartons au camp par le même chemin, trempés et même plus puisque nous pataugeons littéralement dans l’eau !! Nos chaussures pèsent une tonne mais il y a tellement de risques de s’écorcher que nous ne voulons pas marcher pieds nus (ceci dit, si nous restions plus longtemps dans cette forêt, je crois qu’on finirait par s’y mettre, on s’habitue à tout. Déjà, au début, on ne voulait pas se salir, puis maintenant, tout le monde s’en fout, alors le reste ça peut venir aussi…).
De retour au camp, nous préparons nos sacs pour le départ et nous déjeunons. Otis nous a préparé un super repas, as usual. Nicky va discuter avec les korowais pour les payer et nous nous retrouvons à 2h30 pour un petit marché dans la maison longue. A 2h30, Nicky est toujours en train de distribuer l’argent à tous les gens qui ont travaillé.
Ça discute beaucoup. Finalement, à 3h, nous nous dépêchons d’acheter quelques souvenirs : arcs, colliers, jupes, pipes, boucliers…

 

Dernier sas vers la civilisation

Nous repartons vers 16h par un chemin différent de l’aller, plus court pour rejoindre les pirogues plus haut. On ne marche que sur des troncs ou des branches, parfois les pieds dans l’eau. On s’arrête 2 minutes pour boire et on se fait bouffer par les moustiques. Je suis seule avec Soliman mon porteur et au bout d’une heure, je me demande si on ne s’est pas perdus. La lumière décline, les bruits de la forêt changent, bref, ça sent le crépuscule. J’arrive aux pirogues à 5h10. Il y a déjà Margotte et Virginie. Nous attendons les autres ¼ d’h encore. On embarque 3 par 3 dans les pirogues. Et là, quelle chance, nous admirons le paysage sur la rivière très calme, avec un magnifique coucher de soleil.

Nous arrivons à Yaniruma à la tombée de la nuit. Nous nous installons dans une case similaire à celle que nous avions en forêt. Evidemment, nous voulons nous laver. Nous avons tant sué. En fait, l’endroit pour se laver, c’est l’embarcadère. Il fait nuit déjà et mis à part Virginie qui va se baigner, nous n’en avons pas trop envie. Nous nous décidons pour une « toilette lingettes ». Nous payons les porteurs. Ils sont 17 pour les affaires communes et 6 pour nous. Nicky a du mal avec les korowais, à chaque fois, ils se partagent le travail donc il doit payer deux fois plus de porteurs que prévu (ceci dit, puisqu’il le sait, il devrait le prévoir dans son budget !).

Après le dîner, nous nous couchons sous la lune presque pleine, en regardant les étoiles. Comme il y a trop de moustiques et que je suis fatiguée, je rentre dans la case sous ma moustiquaire.

  • Jour 4 : Yaniruma-Timika

Hier soir, Nicky m’a dit qu’un korowai non content d’avoir été choisi comme porteur avait mis le feu aux toilettes pour se venger. Donc, pipi dans les herbes. Nous discutons avec la famille de missionnaires coréens qui vit depuis plus d’un an à Yaniruma. Ils sont jeunes et ont 2 enfants. La femme nous dit que c’est dur pour elle car les korowais sont assez violents et belliqueux, mais, ils ont un boulot à faire : traduire la bible en korowai pour éduquer ces infidèles !!! et parallèlement, ils les soignent ce qui est plutôt bien pour les korowais. Nous leur donnons les médicaments qui nous restent. Nous allons sur la piste attendre le twin Otter de Trigana air.

Il arrive presque 2h après. Au départ, l’émotion nous envahit (sans trop savoir pourquoi) et nous sommes plusieurs à pleurer.

Petit aparté sur les Korowais : Ils ont été contactés pour la première fois en 1976. Un hélicoptère leur a laissé des présents sur la rive de la rivière et est parti. Après plusieurs manœuvres de ce type l’hélicoptère a déposé sur la berge des papous Lanis qui ont établis le premier contact. Quand les korowais ont vu le premier avion en 85 atterrir à Yaniruma, ils ont fait une fête, croyant que c’était l’oiseau qui annonçait la fin du monde.
Ils vivent en clan et le territoire est informellement divisé entre eux depuis la nuit des temps. Ce sont des chasseurs cueilleurs qui vivent au jour le jour et fabriquent leurs outils sur place. Ils transportent très peu de choses. Ils sont cannibales par peur des esprits malins. Ils n’enterrent pas leurs morts mais les laissent dans une maison haute et en construisent une nouvelle pour y habiter. Ils commencent à être christianisés. Ils sont monogames, exceptionnellement, polygames car ça coûte cher en dot (collier en dents de chiens, ou en dents de cochons). Ils souffrent de l’éléphantiasis et du paludisme. Leur principale nourriture est le sago, les larves à sago, les oiseaux et les jours de fête, le cochon.

 

Timika, notre voyage touche à sa fin

Le voyage pour Timika se passe impec. L’arrivée au Sheraton est plutôt bluesy. Quelle différence ! La réadaptation est un peu dure pour nous toutes. D’ailleurs nous sommes silencieuses au repas.

Timika, il y a 90% de non papous et 10% de kamoros, qui font les boulots les moins qualifiés bien sûr. Nous n’avons pas eu l’autorisation d’aller à la mine d’or de Freeport. Ça n’est pas faute d’avoir essayé. Ça ne fait rien, demain nous irons voir un village kamoro.

Visite de la ville l’après midi, sans grand intérêt. Le soir, nous allons au resto chinois, et ensuite, nous buvons un cocktail au bar – retour doucement vers la civilisation…– puis, dodo dans nos lits bien moelleux.

 

  • Jour 5 : Timika-le port-Timika

 

Ce matin, petit déj copieux d’hotel puis départ vers le port où l’on doit voir des villages kamoros. Une bonne heure de route en plein soleil toutes fenêtres ouvertes. Sur la route nous voyons un habitat un peu éclectique, souvent pauvre, en bois.
Nous stoppons devant un village situé à côté d’un site pétrolier. Ce sont des maisons sur pilotis construites sommairement sur une zone marécageuse.

 

 

Nous discutons avec quelques habitants et en fait, ce sont des papous asmat.

Nicky ne connaît pas du tout le coin on dirait…Nous arrivons au port. Il y a beaucoup de pêcheurs. L’ambiance est assez surréaliste.

Retour à Timika, petit tour au marché où j’achète du bétel et des cassettes de musique papou. Nous allons ensuite dévaliser la boutique d’art papou en achetant des masques et autres souvenirs.
Le soir, on fête l’anniversaire d’Irène. Nous lui offrons le dîner et un collier en dents de cochons.

  • #1 écrit par PETRUS Suwandi
    about 1 year ago

    Bonjour
    Mes clients francais veulent visiter les korowai et les tribus qu’ils restent si c’est possible .
    Ils sont deux personnes.
    Combien de jours vous me conseillez pour l’excursion entière et quel est le prix.
    Ils vont partir de Lyon pour jakarta, ensuite jakarta à wamena.

    Cordialement
    Je vous remercie

    • #2 écrit par Martine
      about 1 year ago

      Bonjour
      Pour le nombre de jours, je dirai 6. Pour le prix, ça dépend de tellement de choses, dont les moyens de transport que je ne peux pas vous dire, je vous laisse le faire,
      En tout cas, ça n’est pas dans la région de wamena, ils vont devoir descendre plus au sud, soit en avion, soit en bateau+treck, bref, tout dépend de ce qu’ils choisissent…
      Martine